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Chroniques | Les histoires des vignerons, leurs joies, leurs peines, leurs combats, leurs réussites et leurs problèmes. Les enfants sauvages [2008-04-22] « Le prix d'un hectare de vigne, AOC Fitou, est désormais entre 5 et 10 mille euros. Ce n’est rien par rapport à d'autres régions (la moyenne d'un hectare d’AOC est de 80,000 euros), ce n’est rien par rapport à la prime d'arrachage, qui est autour de 5 mille euros. Les vieux, ils arrêtent et les jeunes ne reprennent pas, personne ne veut acheter. À la cave coopérative, c'est difficile pour les vignerons, là, les cuves sont pleines, ils n'arrivent pas à vendre, donc, ils ne payent presque rien aux viticulteurs, 30 cents le litre. Tu ne peux pas payer tes frais avec 30 cents. Il ne reste rien pour toi. Mais, quand même, rien ne change chez eux. C'est toujours la même qualité et la même quantité. Mieux vaut un rendement plus bas et une qualité plus élevée. »...[plus] La splendeur soignée [2008-04-11] « Aujourd'hui, il y a deux viticultures. Il y a la viticulture de masse, où il faut vendre du volume et faire du vin qui plaise. Pour réussir, il faut demander aux gens ce qu’ils veulent, et l'on fait le vin qu'ils veulent. Alors, qu'est-ce qui plait ? C'est un vin qui a de la couleur, fondu, soigneux, très doux, de la sucrosité, du fruit, une longueur en bouche suffisante sans être amertume et pas trop d'alcool. Pour faire ça, ce n'est pas trop compliqué. On ajoute dans la cuve des enzymes, des copeaux, un peu de tanin, les bonnes levures aromatiques, du microbillage, et on fait des vins faciles, agréables à boire en apéritif comme sur le repas. Mais ils ont tous la même chose : il n'y a aucune typicité. Par contre, c'est de l'argent, ce n'est pas très cher à produire et ça se vend très bien.» « De l'autre côté, il y a la viticulture où l'on respecte la nature, c'est à dire quand c'est mûr, on vendange, donc, on attend que ça murisse à la vigne. Vous ajoutez le SO2, un peu, le minimum, juste pour protéger. Des enzymes, ce n'est pas la peine, pas de levures, pas de collage, une petite filtration, voilà, c'est tout. Ça donne de la typicité.»...[plus] Sans sulfites ajoutés [2008-04-11] « Blanquette Beirieu » est le nom utilisé par Jean-Claude sur sa brochure. C'est un nom approprié, car 80 % de sa production est de la Blanquette méthode ancestrale et 10 % est de la Blanquette de Limoux. L'étiquette de sa Blanquette méthode ancestrale est remarquable. Depuis 2005, si le vin contient plus de 10 mg de sulfites par litre, la mention “contient des sulfites” sur l'étiquette est obligatoire. Pour Jean-Claude, c'est important de faire savoir à ses clients qu'il n'ajoute pas de sulfites. Donc, sur son étiquette se trouve le texte “sans sulfites ajoutés”....[plus] Une terrasse avec un seul pied [2008-03-18] Claude, une pioche dans les mains, me raconte qu'il adore passer ses vacances dans les vignes ici. Il explique pourquoi. « C'est quand tu fais la récolte, les odeurs qui te viennent, des raisins de toutes sortes, les mûrs, les pas mûrs, des machins et tout ça. C'est la même histoire quand je travaille le sol. Je sens les racines et toutes les odeurs de la terre. Plus tard, je retrouve tout ça dans le vin, le nez et le goût. C'est extraordinaire, c'est magique. » Claude n'est pas le seul. « La plupart de nos clients sont des amis et ce sont eux qui viennent vendanger. L'année dernière, on a eu 36 personnes qui sont venues vendanger. » Les vins du Casot des Mailloles donnent une forte émotion aux gens. J'ai même l'impression que le Casot des Mailloles est devenu une communauté....[plus] Vous dites l'Ardèche ? non, je disais l'Ariège ! [2008-03-07] Si vous êtes français, vous connaissez l'Ariège. Par contre, pour les étrangers, l'Ariège est souvent un nom inconnu. Pour eux un petit aide-mémoire. L'Ariège est facile à repérer : le Nord du département se trouve à 40 km au Sud de Toulouse et le Sud du département touche l'Espagne. Les villes connues sont Pamiers, Foix, Saint-Girons, Lavelanet et Mirepoix. L'Ariège ne compte qu'environ 140.000 habitants. Sur la liste de 100 départements français par ordre décroissant de population, elle se trouve en 95e position. Sur la liste par ordre décroissant de la densité (habitants/km²), l'Ariège occupe la 93e position. Alors, ce n'est pas évident qu'un étranger connaisse l'Ariège. Et les Français ? Connaissent-ils vraiment l'Ariège ? Les Français savent-ils que sur la liste par ordre décroissant de la fraction bio (vignerons bio/total de vignerons) l'Ariège occupe la première position ? Savent-ils que ce pourcentage est de 25 % ? C'est à dire, 1 vigneron sur 4 est bio. Oui, 1 des 4 vignerons ariégeois est bio et celui-là s'appelle Philippe Babin. ... Un peu d'Actimax dans la soupe [2008-02-12] «Quand les raisins sont mûrs, c’est le tour de la machine à vendanger. Celle qui mange toutes les grappes. Plus tard, c’est une soupe qui arrive à la cave, une soupe qui est déjà oxydée. Une soupe avec rien dedans, c’est une base de raisin, très basique et c’est pour ça qu'on doit ajouter des choses. On le met dans de grandes cuves, et on ajoute de l'Actimax » Stéphanie et Ernest éclatent de rire, et ils expliquent que naguère un vendangeur chez eux a raconté qu’il a travaillé dans une cave coopérative et son rôle était d’ajouter de l'Actimax à la soupe pour activer la fermentation.»... Il faut commencer à l’école [2008-02-04] Je pose la dernière question, s’il a appris quelque chose sur l’agriculture biologique pendant les années de son BPREA. « Non, c’était uniquement l’utilisation des désherbants, des fongicides et des engrais. » Alors, l’État apprend au vigneron à l’école à utiliser des désherbants, des fongicides et des engrais. Plus tard, l’État fait des efforts pour aider les vignerons à se débarrasser des désherbants, des fongicides et des engrais. Alors, il vaudrait mieux commencer dès l’école avec le bio, ce serait plus efficace. ... Une question d’organisation [2008-01-29] Philippe ne cesse pas de me corriger quand je dis « soufre » et Clara comprend que j’ai besoin d’un « baptême ». Un baptême ? Elle part et revient avec un bidon et une boite qui contient de petites mèches jaunes. Elle ouvre le bidon et elle m’invite à placer mon nez au-dessus de l’ouverture. Je le fais et le résultat ne traîne pas : BANG. C’est comme si quelqu’un pénétrait mes voies respiratoires avec un fer de lance. C’est horrible et les autres s’amusent bien. Elle explique que le bidon contient une solution sulfureuse et qu’apparemment je n’aime pas le SO2. Maintenant Philippe me donne une mèche jaune, une mèche de soufre. Je ne sens pas grand-chose, et ça ne fait pas mal. Il l’allume et le passe sous mon nez. Maintenant je fais très attention et je peux juste supporter la brutalité du SO2. J’ai appris ma leçon et je leur promets de ne pas abuser du mot soufre.... Un franc-tireur [2008-01-13] Sur le site www.cyberpresse.ca on peut lire un article du célèbre critique Jacques Benoit : « Pourquoi des sulfites ? ». Dans cet article, il écrit : « Y a-t-il des vins sans sulfites ? De toute évidence, non, quoique tous les bons viticulteurs en emploient le moins possible, comme le recommande Peynaud. » Quand Christian discute avec les autres vignerons, ils sont du même avis que ce célèbre critique. « Quand je leur dis que je ne mets pas de soufre, les gens sont très sceptiques. Ils disent : ce n’est pas possible. Tu fais comment pour garder tes vins ? Tu fais comment ? Puisque, eux, balancent du soufre en pagaille, par principe de précaution. En se disant, je mets du soufre, je m’affranchis de l’éventuel problème de prise d’air, et puis, je suis tranquille, je ne suis pas emmerdé et ce n’est pas nécessaire de surveiller tous les jours. Voilà, c’est tout. »... Magie noire et blanche [2008-01-12] Oui, j'ai dit STOP, ce n’est pas ma vie. Je voudrais arrêter et travailler en bio, sans tous ces produits chimiques. J’ai senti que c’était très mauvais pour moi. De toute évidence, ces produits chimiques intoxiquent la terre et moi avec. Je voudrais aussi faire un produit qui me correspond et je ne veux pas tromper les gens non plus. Je voudrais juste faire un produit vrai et naturel. Je suis prêt à démarrer une nouvelle vie, mais comment faire ? ... |
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